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Appel d'offres nettoyage : écrire le volet robotique du cahier des charges

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Appel d'offres nettoyage : écrire le volet robotique du cahier des charges

Un marché de nettoyage qui intègre des robots ne se rédige pas comme un marché classique. Dans le public, une erreur de rédaction très courante suffit à fausser la consultation : nommer une machine. Ce qui se met dans le cahier des charges, et ce qui n'a rien à y faire.

Un marché de nettoyage qui intègre des robots ne se rédige pas comme un marché classique. Dans le public, une erreur de rédaction très courante suffit à fausser la consultation : nommer une machine. Ce qui se met dans le cahier des charges, et ce qui n'a rien à y faire.

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Par François Lecomble

Expert robotique chez Norbot

Publié le

Temps de lecture : 4 minutes

Autolaveuse autonome Pudu BG1 seule dans un hall industriel vide

Ce qu’il faut retenir

  • Dans un marché public, nommer une marque de robot expose la consultation à un recours : l'article R2111-7 impose la mention « ou équivalent ».

  • Six spécifications suffisent à cadrer le volet robotique, toutes vérifiables et neutres.

  • La conformité d'une machine à une norme ne rend pas votre installation conforme.

Un marché de nettoyage qui intègre des robots ne se rédige pas comme un marché de nettoyage classique. Et dans le public, une erreur de rédaction très courante suffit à fausser la consultation : nommer une machine. Voici ce qui se met dans le cahier des charges, et ce qui n'a rien à y faire.

Pourquoi le volet robotique se traite-t-il à part ?

Parce qu'un robot n'est pas un consommable : c'est un équipement qui dépend du bâtiment où il circule. Un même modèle rend un service excellent dans un entrepôt dégagé et un service médiocre dans des bureaux cloisonnés, sans qu'aucune ligne de la fiche technique ne change.

Un marché de produits d'entretien se spécifie sur le produit. Un marché qui intègre de la robotique se spécifie sur le résultat attendu et sur les contraintes du site. C'est un changement de méthode, pas un paragraphe de plus.

Peut-on citer une marque de robot dans un appel d'offres ?

Dans un marché public, non, sauf exception justifiée et assortie de la mention « ou équivalent ». L'article R2111-7 du code de la commande publique interdit aux spécifications techniques de mentionner un procédé de fabrication particulier ou de faire référence à une marque, un brevet ou un type, lorsque cette référence est susceptible de favoriser ou d'éliminer certains opérateurs.

L'exception existe, mais elle est étroite : il faut que l'objet du marché la justifie, qu'une description suffisamment précise soit impossible autrement, et que la mention soit accompagnée des termes « ou équivalent ».

En pratique, écrire un nom de modèle dans un cahier des charges expose la consultation à un recours, et prive l'acheteur des offres qui auraient pu être meilleures. Dans le privé, la contrainte juridique ne s'applique pas, mais l'effet est le même : on obtient ce qu'on a nommé, pas ce dont on a besoin.

Qu'écrire à la place d'un nom de modèle ?

Des performances et des exigences fonctionnelles, c'est à dire ce que la machine doit obtenir et dans quelles conditions, sans dire comment. Le code de la commande publique prévoit explicitement cette façon de formuler les spécifications techniques.

Concrètement, on remplace « robot laveur autonome de marque X » par la surface à traiter, le type de sol, la largeur de passage minimale disponible, la hauteur de seuil à franchir, la plage horaire d'intervention et le niveau sonore admissible. Chacun de ces points est vérifiable, aucun ne désigne un fournisseur.

Les six spécifications qui comptent vraiment

La surface et sa découpe

Pas seulement le total en mètres carrés, mais la découpe en zones et la part réellement dégagée. Une surface de dix mille mètres carrés coupée en vingt locaux ne se traite pas comme un plateau unique.

La largeur de passage et les seuils

Ce sont les mesures éliminatoires. Un robot qui ne passe pas dans l'allée la plus étroite du parcours ne sert à rien, quelles que soient ses performances annoncées.

Le type de sol et son état

Résine, béton surfacé, carrelage à joints larges, sol souple : le revêtement conditionne le choix de la brosse et le résultat obtenu. L'état compte autant que la nature.

La fréquence attendue

C'est la spécification la plus souvent oubliée, et c'est elle qui détermine l'intérêt économique. Un équipement sollicité une fois par semaine ne se raisonne pas comme un équipement qui tourne tous les jours.

Le rendement, et comment il se mesure

Exiger un rendement en mètres carrés par heure ne suffit pas : il faut préciser s'il s'agit du rendement théorique sur surface dégagée ou du rendement constaté sur site encombré. Les deux chiffres peuvent varier du simple au double.

La cohabitation avec les personnes

Travail en présence de public, circulation partagée avec des piétons ou des engins conduits, horaires de nuit : ces conditions déterminent les exigences de sécurité applicables et doivent figurer dans le cahier des charges, pas être découvertes à la mise en service.

Quelles normes citer, et comment ?

Celles qui correspondent à la famille d'équipement visée, et jamais au hasard. Pour les chariots de manutention sans conducteur et les robots mobiles logistiques, le référentiel est la norme ISO 3691-4, dans sa version de 2023. Un robot de nettoyage de sol ou un robot de service ne relève pas de ce texte, et le citer pour eux brouille la consultation au lieu de la cadrer.

Point souvent ignoré des rédacteurs : une conformité déclarée porte sur la machine, pas sur votre installation. La norme couvre aussi le système, donc la préparation des zones de travail et le zonage propre à chaque site. Ce travail là reste à la charge de l'acheteur, et il mérite une ligne dans le marché.

Comment vérifier une offre robotique sur pièces ?

En exigeant une démonstration sur site avant attribution, dans les conditions réelles d'exploitation. C'est la seule vérification qui ne se contourne pas, et elle est licite dès lors qu'elle est annoncée dans le règlement de la consultation et proposée à tous les candidats dans les mêmes conditions.

Une fiche technique se lit en trois minutes. Un passage dans l'allée la plus étroite du bâtiment, un vendredi à seize heures, répond à des questions qu'aucun document ne traite.

Que demander sur la maintenance et la durée ?

Le périmètre écrit, pas une promesse de réactivité. Un contrat de maintenance se juge sur ce qu'il couvre : pièces, main d'oeuvre, déplacement, mise à disposition d'un équipement de remplacement pendant une immobilisation, mises à jour logicielles, et ce qui reste à la charge de l'acheteur.

Demandez aussi ce qui se passe à l'échéance et pendant une panne longue. Ce sont les deux moments où les contrats se révèlent, et ce sont les deux moments que les offres décrivent le moins.

Quand le volet robotique n'a pas sa place dans le marché

Quatre situations, et il vaut mieux les identifier avant de rédiger que pendant l'analyse des offres.

  • Des surfaces trop petites ou trop fractionnées pour qu'un équipement autonome enchaîne.

  • Des contraintes de passage que le bâtiment ne permet pas de lever.

  • Un besoin qui porte en réalité sur de la prestation complète, vitrerie et remise en état comprises, et non sur l'automatisation d'une tâche répétitive.

  • Une durée de marché trop courte au regard de l'investissement demandé au titulaire.

Dans ces quatre cas, inscrire un volet robotique produit des offres hétérogènes et difficiles à comparer, ce qui est exactement ce qu'un cahier des charges doit éviter.

Pourquoi un relevé de site avant la rédaction ?

Parce que les spécifications ci-dessus ne s'inventent pas depuis un bureau. Les largeurs de passage, les seuils, l'état des sols et les créneaux réellement disponibles se mesurent sur place, allée par allée.

Un relevé fait avant la rédaction donne des spécifications vérifiables et neutres, qui décrivent le site sans désigner personne. C'est la meilleure protection contre les deux risques du volet robotique d'un marché : la spécification qui favorise un candidat, et celle qui ne veut rien dire.

Demander un relevé de site avant rédaction

Questions fréquentes

Comment savoir si un robot est adapté à mes locaux ?

Par un audit sur site. Nous relevons les surfaces, les types de sol, les largeurs de passage, les obstacles fixes, les créneaux disponibles et la présence de public. Ce relevé détermine le modèle pertinent, et s’il n’y en a pas, nous vous le disons. Un audit de site précède toute installation.

Peut-on voir un robot en fonctionnement avant de s’engager ?

Oui. La démonstration a lieu directement chez vous, dans nos locaux à Hem, ou chez un client déjà équipé proche de votre site. Les déploiements déjà réalisés sont documentés dans les cas clients, avec les résultats mesurés.

Le robot peut-il travailler en présence de public ?

Oui pour les modèles de service et une grande partie des modèles de nettoyage : détection des personnes, ralentissement, contournement, arrêt. Les grands modèles industriels, eux, sont prévus pour des créneaux sans public. La cohabitation se décide site par site : nous définissons avec vous les zones, les vitesses et les plages horaires, et nous vous remettons la documentation technique et les déclarations de conformité du constructeur. L'intégration du robot à votre évaluation des risques relève de vous, en tant qu'exploitant du site.

Que couvrent la garantie et le contrat de maintenance ?

La garantie constructeur et le contrat de maintenance sont contractualisés à la commande. Leur périmètre (pièces, main-d'œuvre, déplacement, visites sur site) varie selon le modèle et la formule retenue ; il est détaillé par écrit dans la proposition que nous vous remettons avant signature. Nous préférons que ce point soit lu et discuté plutôt que résumé en une ligne.

François Lecomble

Expert robotique chez Norbot

Commercial chez Delcourt depuis plusieurs années, François Lecomble vend des machines de nettoyage professionnelles au quotidien. Il conseille les projets de robotisation Norbot, de la qualification du besoin au choix du modèle.

Un projet de robotisation ?

Parlez-en à un expert Norbot. Nous étudions votre site et vous proposons la solution adaptée.

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